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Blog d'analyse sur le monde arabe

Les Rivages des Syrtes

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Irak : un accord sur le partage du pouvoir serait imminent

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Ayad Allawi allawi.jpg

 

« Rien ne sert d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer », traduite en arabe, la devise de Guillaume d’Orange pourrait servir de mantra aux leaders politiques irakiens, a priori déterminés à mettre un terme à une impasse politique de huit mois.

Réunis ce jour à Erbil, capitale du Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK), à l’invitation du président du GRK, Massoud Barzani (chef du Parti Démocratique Kurde -PDK), les chefs de file des principales formations politiques irakiennes représentées au parlement élu le 7 mars, pourraient enfin réussir à conclure un accord sur le partage du pouvoir.

Les tractations destinées à former un gouvernement s’éternisent depuis 8 mois. Le 25 octobre, la Cour suprême a enjoint aux parlementaires de se réunir, ce qu’ils n’ont jusqu’ici fait que pendant une vingtaine de minutes au mois de juin,  et de procéder à l’élection de leur président, préalable imposé par la Constitution à la désignation des autres responsables politiques.

La conférence d’Erbil est la première rencontre organisée  entre tous les hauts responsables irakiens depuis les élections législatives :

- Nouri al Maliki, premier ministre en exercice depuis janvier 2005, candidat à son renouvellement, chef d’une coalition parlementaire chiite, l’Alliance Nationale ;

- Ayad Allawi, chiite laïque, prédécesseur de Maliki à la tête du gouvernement, chef de file d’une plateforme électorale mixte entre chiites et sunnites, Al Iraqiya ;

- Ammar al Hakim, le chef du Conseil Suprême Islamique, formation chiite ralliée à Allawi ; des responsables de la formation sadriste, groupe chiite anti-américain proche de Téhéran, ralliés à Maliki ; des représentants des partis sunnites alliés à Allawi et ceux des formations kurdes.

Il ressortirait de l’accord qui pourrait être prochainement annoncé :

- Nouri al Maliki, malgré une réputation très entachée à la suite des révélations de WikiLeaks sur sa passivité, voire sa complicité, dans les exactions commises par les forces de sécurité à l’encontre de la population irakienne, demeurerait chef du gouvernement.

Fort du ralliement des grandes formations chiites, du parti de Mouqtada as Sadr et du soutien tacite offert par les Kurdes –conditionné par l’entrée au gouvernement de membres d’Al Iraqiya-, il apparaît être le seul à même de former un gouvernement d’union nationale, ou pour le moins une coalition gouvernementale.

- Jalal Talabani, l’actuel président fédéral, kurde et chef de l’Union Patriotique Kurde -UPK, l’autre formation de la coalition kurde, demeurait chef de l’Etat ;

- un responsable du bloc al Iraqiya d’Allawi serait élu à la présidence du parlement et cette formation se verraient attribuer  des portefeuilles ministériels régaliens (affaires étrangères – conseil de sécurité nationale).

Si un tel accord, dans ces contours qui n’ont jusqu’ici rien d’officiels, venait à être conclu ; quels en seraient les premiers enseignements ?

Un succès pour les Kurdes crédibilisés dans leur rôle de « faiseurs de rois»  et une singulière revanche sur l’histoire. Autant les formations politiques irakiennes ont-elles décliné l’invitation du roi Abdallah à se réunir, le 18 novembre, à Riyad,  autant auront-elles répondu favorablement à l’appel du chef de la coalition kurde.

A cet égard, c’est une défaite pour le royaume saoudien, dont le candidat favori, Allawi, ne sera pas premier ministre et les autorités saoudiennes devront se satisfaire du maintien au pouvoir d’un premier ministre qu’elles n’ont jamais voulu recevoir.

A l’inverse Téhéran a mieux joué sa partition : en offrant son soutien à Maliki, la République islamique sécurise l’influence de ses alliés irakiens, en particulier les sadristes, assurés de siéger dans le futur gouvernement.

En remportant le perchoir, Al Iraqiya, obtient en réalité une compensation loin d’être négligeable et sans doute moins embarrassante, à terme, que des maroquins prestigieux qui l’obligeront par solidarité gouvernementale à avaliser une politique qu’elle désapprouve. La maîtrise de l’agenda parlementaire est, par ailleurs, un atout considérable dans un système politique dominé par les marchandages entre ethnies et confessions.

La désignation du président du parlement et la conclusion d’un accord sur la répartition des postes de décision ne présuppose néanmoins pas la formation rapide d’un gouvernement. Les inévitables tractations sur le partage des maroquins dureront probablement encore plusieurs mois.

  Voir aussi :

http://www.lefigaro.fr/international/2010/11/08/01003-20101108ARTFIG00732-irak-al-maliki-devrait-rester-premier-ministre.php

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/11/08/irak-pas-d-accord-de-partage-du-pouvoir-avant-mercredi_1437278_3218.html

http://www.aawsat.com/english/news.asp?section=1&id=22956

http://musingsoniraq.blogspot.com/2010/11/mondays-meeting-in-irbil-leads-to-no.html

 

 

 

 

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DRT 09/11/2010 19:07




L’Irak divisé ou la revanche de l’Iran … l’Iran ou l’incarnation de l’espoir en une libération intégrale sous les encouragements conditionnels de ceux qui sont las de jouer les figurants mais
remplis de bonne volonté. Ainsi, le Brésil ...



Quelqu'un qui s'apprête à lire Marie Stuart contre Elizabeth de Stefan Zweig ... ou comment n'en plus finir avec les conflits de pouvoir.